
Sur l'océan tumultueux de la vie, le transatlantique est une forteresse rassurante de sécurité et de stabilité... jusqu'à l'iceberg. Finalement on en revient toujours là: "jusqu'ici tout va bien, jusqu'ici tout va bien".
Le transatlantique, c'est le chevaucheur de cet océan si particulier pour qui ma fascination est un abime sans fond. C'est l'arche de salut des opprimés de la vieille Europe, de ses conflits et de ses injustices, de ceux qui ont souffert durant ce siècle de souffrance et qui sont partis vers les terres de liberté et de salut que représentaient encore l'Amérique. C'est le sel, les larmes, l'adieu au passé, le regard vers l'avenir, génération après génération, pour des irlandais, des italiens, des polonais, des juifs de tout le continent. C'est la tôle, l'acier, le charbon, l'industrialisation sur la mer... Mais aussi le voyage sans amarre, pour le bout du monde, pour l'autre monde. Le voyage du temps où le voyage avait un sens propre. Où la destination n'avais pas plus d'importance que le trajet, et où l'arrivé était autant le début que la fin.

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